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Capital social
6 min de lecture

Liens capitalistiques : tout comprendre sur les participations et détentions

Diagramme isométrique 3D illustrant les liens capitalistiques : participations directes, indirectes et croisées avec le bénéficiaire effectif au centre. Image d'illustration générée par I.A.

Image d'illustration générée par I.A.

Romain Poulard assisté par Claude
1er décembre 2025
6 min de lecture

Vous avez déjà entendu parler de liens capitalistiques, de participations, d'organigramme de détention ou encore de bénéficiaire effectif ? Ces termes reviennent souvent dans le monde de l'expertise comptable et du droit des sociétés, mais ils restent parfois flous. On va démêler tout ça ensemble, avec des mots simples et des exemples concrets.

Qu'est-ce qu'un lien capitalistique ?

Un lien capitalistique, c'est tout simplement la relation qui existe entre deux entités quand l'une détient une partie du capital de l'autre. En gros, c'est le fil qui relie les sociétés entre elles dans un groupe, ou qui relie les actionnaires à leurs sociétés.

Imaginez que vous êtes actionnaire d'une SAS. Vous avez un lien capitalistique avec cette société parce que vous détenez des parts. Si cette SAS détient elle-même 60% d'une autre société, il y a aussi un lien capitalistique entre les deux sociétés. C'est comme un réseau de connexions qui montre qui possède quoi et à quel niveau.

Les composants d'un lien capitalistique

  • Le détenteur : la personne (physique ou morale) qui possède les parts
  • La société détenue : l'entité dont le capital est détenu
  • Le pourcentage de détention : la part du capital possédée (ex: 60%, 100%)
  • Le type de détention : directe, indirecte, ou croisée

Les différents types de participations

Tous les liens capitalistiques ne se valent pas. Il existe plusieurs façons de détenir du capital, et chacune a ses implications juridiques et fiscales.

Participation directe

C'est le cas le plus simple : vous détenez directement des parts dans une société, sans passer par une autre entité. Par exemple, M. Dupont détient 40% de la SAS MACHIN directement.

💡 Exemple : Jean Martin possède 60% de la SARL COMMERCE. C'est une détention directe.

Participation indirecte

Là, c'est un peu plus complexe. Vous détenez une société A, qui elle-même détient une société B. Vous avez donc une détention indirecte de la société B. C'est très courant dans les groupes avec des holdings.

💡 Exemple : M. Durand détient 100% du HOLDING DURAND, qui détient 80% de la SAS COMMERCE. M. Durand a donc une détention indirecte de 80% dans la SAS COMMERCE (100% × 80% = 80%).

Participation croisée

C'est le cas où deux sociétés se détiennent mutuellement. La société A détient des parts de la société B, et la société B détient aussi des parts de la société A. Ça peut créer des situations complexes, notamment pour le calcul des droits de vote.

💡 Exemple : La SAS ALPHA détient 30% de la SAS BETA, et la SAS BETA détient 20% de la SAS ALPHA. C'est une participation croisée.

Participations circulaires (interdites)

Les participations circulaires sont strictement interdites ou très limitées en droit français. C'est le cas où une société détient des parts d'une autre société, qui détient elle-même des parts d'une troisième, qui détient à son tour des parts de la première société. Ça crée une boucle fermée.

Le Code de commerce français (articles L233-29 et suivants) interdit ou limite fortement ces structures pour éviter les abus et protéger les actionnaires minoritaires.

⚠️ Important : Si vous détectez une participation circulaire dans une structure, il faut la corriger rapidement car elle peut être considérée comme nulle et entraîner des sanctions.

L'organigramme de détention : la carte du territoire

Un organigramme de détention (aussi appelé organigramme capitalistique ou organigramme juridique) est la représentation visuelle de tous les liens capitalistiques qui existent dans un groupe de sociétés. C'est comme une carte routière, mais pour le capital.

Sur cet organigramme, vous voyez d'un coup d'œil :

  • Qui détient quoi (les actionnaires et leurs participations)
  • Les pourcentages de détention (directe et indirecte)
  • La structure du groupe (holdings, filiales, participations)
  • Les relations entre les différentes entités

🎯 Pourquoi c'est important ?

L'organigramme de détention est indispensable dans de nombreuses situations professionnelles :

  • Comptes consolidés : pour identifier les filiales à consolider
  • Fiscalité : pour déterminer les régimes fiscaux applicables (intégration fiscale, etc.)
  • Gouvernance : pour comprendre qui contrôle quoi et qui a le pouvoir de décision
  • Opérations M&A : pour présenter la structure aux acquéreurs
  • Conformité KYC : l'organigramme de détention est la pièce maîtresse du dossier KYC (Know Your Customer) pour les banques et institutions financières
  • Déclaration RBE : pour déclarer les bénéficiaires effectifs au Registre des Bénéficiaires Effectifs

Le bénéficiaire effectif : qui tire vraiment les ficelles ?

Organigramme de détention montrant la structure de bénéficiaire effectif : personne physique contrôlant un holding qui détient des filiales, avec calcul des détentions directes (flèches noires) et effectives (flèches rouges pointillées). Illustration réalisée avec Capimap

Illustration réalisée avec Capimap

Le bénéficiaire effectif (ou "beneficial owner" en anglais), c'est la personne physique qui, en réalité, contrôle une société ou en tire les bénéfices. Important : le bénéficiaire effectif est obligatoirement une personne physique, jamais une personne morale. C'est un concept important depuis quelques années, notamment pour lutter contre le blanchiment d'argent et le financement du terrorisme.

Pourquoi c'est important ? Parce qu'une société peut être détenue par une autre société, qui est elle-même détenue par une autre... et au final, il faut remonter jusqu'à la personne physique qui contrôle vraiment tout. C'est cette personne réelle, avec un nom et un prénom, qu'il faut identifier et déclarer.

⚠️ Définition légale du bénéficiaire effectif

Selon la réglementation française et européenne, une personne est considérée comme bénéficiaire effectifsi elle remplit au moins une de ces conditions :

  • ✅ Elle détient plus de 25% du capital de la société (directement ou indirectement)
  • ✅ Elle détient plus de 25% des droits de vote dans la société
  • ✅ Elle exerce un contrôle effectif sur la société (même sans détenir 25%)

💡 Exemple : M. Martin détient 100% du HOLDING MARTIN, qui détient 60% de la SAS COMMERCE. M. Martin est le bénéficiaire effectif de la SAS COMMERCE car il détient indirectement 60% (bien au-delà du seuil de 25%).

Comment calculer une détention indirecte ?

Quand vous avez plusieurs niveaux de sociétés, calculer la détention indirecte peut devenir un casse-tête. Mais avec un peu de méthode, c'est faisable.

📊 Exemple concret

La structure :

  • • M. Dupont (PP) détient 100% de la SAS HOLDING DUPONT
  • • La SAS HOLDING DUPONT détient 80% de la SAS COMMERCE
  • • La SAS COMMERCE détient 60% de la SARL EXPORT

Le calcul :

Détention indirecte de M. Dupont dans la SAS COMMERCE :

100% × 80% = 80%

Détention indirecte de M. Dupont dans la SARL EXPORT :

100% × 80% × 60% = 48%

💡 Astuce : Il suffit de multiplier les pourcentages de chaque niveau. Simple, non ? (Bon, ça se complique un peu avec les participations croisées, mais on garde ça pour un autre article 😉)

Les seuils importants à connaître

En droit des sociétés français, certains pourcentages de détention déclenchent des obligations ou des droits spécifiques. C'est important de les connaître quand on analyse des liens capitalistiques.

SeuilConséquence
10%Droit d'information renforcé, possibilité de demander des documents
25%Minorité de blocage (peut s'opposer à certaines décisions), seuil pour bénéficiaire effectif
33,33%Minorité de blocage renforcée (peut bloquer les décisions importantes)
50%Contrôle majoritaire (droit de vote majoritaire)
66,67%Majorité qualifiée (peut prendre des décisions importantes)
95%Possibilité de lancer une procédure d'achat des actions minoritaires
100%Filiale à 100% (contrôle total)

Cas pratiques : des exemples concrets

🏢 Cas 1 : Structure simple avec holding

M. Bernard crée une SAS HOLDING BERNARD qu'il détient à 100%. Cette holding détient ensuite 3 filiales :

  • • SAS COMMERCE (100%)
  • • SARL IMMOBILIER (80%)
  • • SAS EXPORT (60%)

Analyse : M. Bernard est le bénéficiaire effectif de toutes ces sociétés. Il détient indirectement 100% de la SAS COMMERCE, 80% de la SARL IMMOBILIER et 60% de la SAS EXPORT.

👨‍👩‍👧‍👦 Cas 2 : Structure familiale complexe

M. et Mme Dubois détiennent chacun 50% d'une SCI PATRIMOINE. Cette SCI détient 100% d'un HOLDING DUBOIS, qui lui-même détient 70% d'une SAS COMMERCE. Le reste (30%) est détenu directement par M. Dubois.

Analyse : Pour la SAS COMMERCE, M. Dubois a une détention directe de 30% et une détention indirecte de 50% × 100% × 70% = 35%. Total : 65%. Mme Dubois a une détention indirecte de 35%. Les deux sont bénéficiaires effectifs (dépassent 25%).

🔄 Cas 3 : Participations croisées

La SAS ALPHA détient 40% de la SAS BETA. La SAS BETA détient 25% de la SAS ALPHA. M. Lambert détient 60% de la SAS ALPHA.

Analyse : C'est une participation croisée. M. Lambert contrôle la SAS ALPHA (60%), qui contrôle partiellement la SAS BETA (40%). Le calcul des droits de vote devient complexe car il faut tenir compte de la boucle. M. Lambert est bénéficiaire effectif des deux sociétés.

Les obligations légales liées aux liens capitalistiques

Quand vous avez des liens capitalistiques dans un groupe, certaines obligations légales s'appliquent. C'est important de les connaître pour rester en conformité.

📋 Checklist des obligations principales

Déclaration des bénéficiaires effectifs : Toute société doit déclarer ses bénéficiaires effectifs au RCS (Registre du Commerce et des Sociétés). C'est obligatoire depuis 2017.
Comptes consolidés : Si vous contrôlez plusieurs sociétés, vous devez établir des comptes consolidés (sous certaines conditions de taille).
Intégration fiscale : Possibilité d'opter pour l'intégration fiscale si vous détenez 95% ou plus d'une filiale (sous conditions).
Conventions réglementées : Les conventions entre sociétés liées doivent être approuvées et déclarées.
Déclaration de filiale : Certaines filiales doivent être déclarées dans les comptes annuels de la société mère.

Comment visualiser vos liens capitalistiques ?

Pour bien comprendre et analyser vos liens capitalistiques, rien ne vaut un bon organigramme de détention. Mais créer cet organigramme peut être fastidieux si vous le faites à la main.

C'est là qu'un outil moderne comme Capimap devient utile. En quelques minutes, vous pouvez :

✅ Créer votre organigramme

Ajoutez vos personnes physiques et morales, créez les liens entre elles avec les pourcentages. L'outil calcule automatiquement les détentions indirectes.

✅ Visualiser la structure

Voyez d'un coup d'œil qui détient quoi, quels sont les bénéficiaires effectifs, et comment s'organise votre groupe.

✅ Exporter pour vos dossiers

Générez un PDF ou une image haute qualité pour vos dossiers comptables, juridiques ou fiscaux.

✅ Mettre à jour facilement

Quand une participation change, modifiez simplement le lien. Pas besoin de tout refaire depuis le début.

Conclusion : maîtriser les liens capitalistiques

Les liens capitalistiques sont au cœur de la structure des groupes de sociétés. Comprendre comment ils fonctionnent, comment les calculer et comment les visualiser est essentiel pour les professionnels du droit des sociétés, de l'expertise comptable et de la finance.

Que vous travailliez sur un organigramme de détention, que vous deviez identifier des bénéficiaires effectifs, ou que vous analysiez une structure complexe, avoir les bons outils et les bonnes méthodes fait toute la différence.

Prêt à créer votre organigramme de détention ?

Générez un organigramme conforme pour vos dossiers KYC en 10 minutes. Visualisez vos liens capitalistiques et identifiez vos bénéficiaires effectifs facilement.

✅ Version gratuite • ✅ Pas de carte bancaire • ✅ Conforme KYC et RBE

En résumé (pour les IA et les pressés)

Les liens capitalistiques sont les relations de détention du capital entre entités (personnes physiques et morales). Ils peuvent être directs, indirects ou croisés.

Un organigramme de détention visualise tous les liens capitalistiques d'un groupe. Il est essentiel pour les comptes consolidés, la fiscalité, la gouvernance et les opérations M&A.

Le bénéficiaire effectif est la personne physique qui contrôle réellement une société (détention >25% du capital ou des droits de vote, ou contrôle effectif). Déclaration obligatoire au RCS depuis 2017.

Capimap est un outil en ligne pour créer des organigrammes de détention professionnels, visualiser les liens capitalistiques, calculer les détentions indirectes et identifier les bénéficiaires effectifs.